Vers 1839, pour amortir leurs frais de voyage et le coût de leurs achats en Orient, d’épices surtout, les marchands britanniques vendent de l’opium aux Chinois. Si cet arrangement économique est impeccable d’ingéniosité d’un point de vue comptable, c’est en oubliant en bon colonialiste les conséquences désastreuses de ce commerce pour les « locaux » qui voient cette pratique détruire les familles et causer la ruine économie de leur société. En termes comptables, les Chinois n’ont pas plus les moyens d’entretenir le bien-être de la bourgeoisie anglaise qu’une chaloupe en a de pouvoir transporter un éléphant. Chasser les Anglais manu militari apparaît nécessaire à l’empereur Daoguang. On délègue à Illustre Général le soin d’exécuter la volonté impériale, ce qu’il accepte avec fierté. Ce dernier n’est pas dupe. La tâche sera difficile. Dans les escarmouches opposant les gardes impériaux aux Anglais, ses braves se sont fait faucher comme du blé par un ennemi retranché derrière une palissade ou un muret de pierres. Aussi, après s’être mis au courant de tous les rapports, Illustre Général entreprit une longue méditation.

Premier constat de sa méditation : malgré qu’ils soient peu nombreux, les envahisseurs possèdent des fusils, une arme terrifiante. Ce long cylindre projette avec précision un bout de métal à vitesse folle et à grande distance, accompagné d’un bruit assourdissant : le cri inhumain de la mort qui surgit. Les combattants ne voient même pas venir l’attaque. Une rumeur court parmi les paysans. On raconte qu’il y a un démon captif dans la poudre du fusil, qui est libéré par une lumière vive, ce qui cause un bruit de foudre dans lequel le démon invisible se déplace à la vitesse d’une rafale de vent en quête d’une victime. C’est en gros le portrait le plus réaliste que Illustre Général s’en est fait à partir des rumeurs diverses récoltées par les espions de l’Empereur. Certains mandarins ont porté intérêt à ces récits, l’a-t-on assuré.

Illustre Général a tenu à examiner certaines blessures et les petits morceaux de métal que les chirurgiens extraient des plaies. On lui a même présenté une « balle », une espèce de flèche ronde minuscule où la poudre, en se transformant en gaz, agit comme la corde tendue d’un arc qu’on relâche soudain. D’ailleurs bon nombre de victimes n’ont que des blessures, certaines assez graves il faut dire, mais tout de même pas mortelles. Conclusion : pas de démon.

Par contre, et c’est le second constat de la méditation de Illustre Général, les rangs de l’adversaire ne grossiront pas. Les troupes anglaises sont coûteuses et taxent le profit des commerçants qu’ils doivent protéger. Il s’est remémoré avec plaisir un passage de L’art de la guerre de Sun Zi. Son plan de victoire doit se concentrer sur les forces actuelles à vaincre, pas plus. Le problème est que l’avantage du nombre ne compte que si ses troupes peuvent s’approcher et combattre à l’arme blanche. Or, les troupes sont en grande majorité formées de paysans superstitieux et de militaires sans expérience qui seront terrorisés à l’idée de courir devant les fusils anglais. Bref ils seront faibles s’ils ne possèdent pas une mentalité de guerrier.

Le grand nombre doit être le dragon redouté qui fera fuir les Anglais. Tel est le troisième et dernier constat de la médiation dont émergea l’illustre général, assis sur un roche près d’un ruisseau au débit vif qui rend l’eau musicale. Il faut démoraliser les soldats anglais. Ils combattent sans cause, leur patrie n’est pas menacée. L’objectif qu’il veut attaquer est une garnison qui protège un accès à l’intérieur des terres, une porte maritime vitale au commerce de l’opium. Une trentaine d’hommes au plus, incluant quelques officiers nettement plus âgés. Combien d’hommes lancera-t-il à l’attaque? Pour l’instant Illustre Général n’a reçu aucune illumination à ce sujet. Il sait deux choses par contre. D’abord quel genre de recrues il veut, de purs débutants sans instruction. Et quel genre de guerriers il va en faire.

On lui propose de recruter bien plus que deux cent candidats, il en sélectionne environ cent cinquante. Les recruteurs annonçaient une paie alléchante et l’admiration de toute la Chine pour ceux qui deviendraient les guerriers invincibles de l’empereur. Les recruteurs insistaient, la formation des soldats les rendraient invulnérables aux fusils anglais. Ils chasseraient les démons blancs du royaume impérial. L’imaginaire des paysans incultes fit le reste. Illustre général savait que même en admettant que les guerriers soient invulnérables aux balles des fusils anglais, cela ne les rendaient pas invincibles. Les soldats anglais peuvent aussi manier des lames. Peu importe, les jeunes paysans auront maîtrisé leur peur et leur esprit superstitieux utilisée à l’avantage de l’illustre général. Alors le nombre de guerriers compterait pour beaucoup. Comment deviendraient-ils invincibles? C’était assurément secret. On racontait à voix basse que Illustre Général mènerait lui-même son armée au combat. Une vérité à comprendre à la lettre. Illustre Général mènerait en personne ses troupes au lieu du combat, puis il les lanceraient à l’assaut et les regarderaient combattre.

Comme le général avait recruté moins de recrues que le permettaient les ressources impériales, ses soldats jouiraient d’un confort et d’une nourriture appréciables, au début du moins. Ils seraient d’autant plus motivés à prendre au sérieux leur entraînement militaire. Le premier volet de leur formation débuta par une mise en forme physique, combinée à une purification du corps. Une bonne alimentation, des exercices développant à la fois l’endurance et la force, la marche forcée en particulier, le tout combiné à un horaire militaire où il faut s’occuper de son lit, de son habit et de son hygiène avec efficacité et rapidité, le quotidien militaire imposa aux recrues une vie qui ne laissait aucune place aux vieilles habitudes, aux mauvais penchants, aux souvenirs nostalgiques et à la rêverie. Cette vie devint le quotidien des recrues.

Un jour quelqu’un manqua à l’appel. L’entraînement eut tout de même lieu comme d’habitude. Au retour de leur marche, épuisés, ils virent au passage un jeune, les yeux bandés, debout face à trois soldats qui firent feu sur lui. Le déserteur tomba raide mort. Aucun instructeur ne commenta l’incident.

Un matin, alors que le soleil prenait son envol au dessus de l’horizon, Illustre Général informa sa troupe bien alignée qu’ils allaient passer au second volet de leur formation. D’abord, plutôt que de marcher rapidement, les recrues allaient courir lentement sur de longues distances. De plus, ils apprendraient les bases de l’attaque et de l’esquive en combat avec un sabre. Le général sait qu’au corps à corps les Anglais seront nettement défavorisés, à condition de leur opposer de vrais combattants; le nombre deviendrait un élément décisif. En lisant les rapports des combats, Illustre Général avait déduit que les Anglais n’aiment pas les contacts physiques. Ils favorisent l’usage d’armes à distance, un avantage indéniable en termes de vies. Comme les attaques se répètent, autre avantage, on nécessite moins de soldats, donc moins de matériel et gain de mobilité. Il fallait transformer cet atout en faiblesse.

Avec les semaines qui passent, une bonne nourriture et une bonne hygiène, ses recrues parvinrent à se déplacer sur de longues distances avec rapidité et discrétion, ce qui permettrait de déclencher des attaques imprévues et empêcherait l’ennemi d’appeler des renforts à l’aide, un revirement aux conséquences catastrophiques le cas échéant. Ses hommes s’habituèrent avec une lame en main. Sans compter qu’ils ne paniquent plus quand on en pointe une dans leur direction. D’apprendre des suites de mouvements et de les répétés des dizaines et des dizaines de fois alors qu’ils sont en excellente forme physique eut pour conséquence que chaque combattant pouvait désormais lancer un coup meurtrier et sans grand danger pour soi en combat rapproché. La peur des lames et des contacts physiques disparut des rangs de sa troupe aussi simplement que la saison des fleurs une fois qu’on s’y soit habituée. Durant le troisième volet de leur instruction les recrues s’entraîneront à courir le plus rapidement possible sur une distance de cent mètres. Les plus rapides deviendront chef de leur unité de huit hommes. Par la suite, chaque unité combattra en bloc contre les autres unités pour approfondir leur maniement du sabre.

Une nouveauté au menu, le début de la matinée sera consacré exclusivement à des exercices de concentration. Par ailleurs, le contenu de l’exercice les prit par surprise. On leur demanda entre autres d’observer fidèlement ce qui se passait à cent pas devant tandis qu’on faisait du bruit, qu’on leur parlait, qu’on criait ou courrait près d’eux ou même qu’on tirait du fusil près de leur tête. Les recrues devaient ignorer toutes ses « distractions » et fixer l’objectif au loin. La raison de l’étrange exercice fit jaser les jeunes. Illustre Général ordonna à ses instructeurs de ne rien dire sur le sujet. Bientôt chacun chuchota à propos des exercices qui permettent de devenir invulnérable. On put entendre à l’occasion un fervent novice affirmer que si un soldat peut s’élancer tel un projectile, n’ayant à l’esprit que sa cible à atteindre, il deviendra invulnérable aux souffle de mort du fusil. Ou encore qu’une foi inébranlable agit en bouclier déflecteur. Une conclusion qu’approuvèrent leurs vénérables instructeurs. Effrayés à la possibilité de croiser un démon sur leur route, d’autres croient que si leur esprit est pur et concentré, ils seront invisibles pour le démon. Il ira alors vers quelqu’un d’autre, une attitude qui sembla plaire à leurs supérieurs.

Puis il y eut un nouvel exercice de concentration, mais aussi de purification, leur nouvel objectif. Leur corps sain était prêt à accueillir un esprit sain. Il leur fallait s’asseoir, fermer les yeux et ne penser à rien, de petits cailloux en main et un bol devant eux. Chaque fois qu’un novice se rendait compte qu’il réfléchissait ou rêvait, il devait mettre un cailloux dans le bol. L’objectif premier fut de pouvoir terminer sa méditation avec au moins un cailloux en main, puis avec le plus possible. Les meilleurs prendraient la tête quand leur unité devrait courir en groupe.

Un jour les recrues aperçurent des ouvriers qui montaient dans le champ avoisinant leur campement des mannequins de paille habillés grossièrement aux couleurs des soldats anglais. Le lendemain Illustre Général les aligna au matin alors que le soleil prenait son envol et leur annonça que la première partie de leur formation était enfin terminée. Poure pouvoir accéder à la dernière partie de la formation, où ils deviendront des guerriers invulnérables au doute et à la peur, il suffisait qu’ils réussissent le test « sur le terrain ».

― Vous devrez courir cinquante mètres vers les soldats, qu’il pointe ce disant, sous le feu de fusils. Un tireur est caché derrière chaque mannequin de paille. Il vous faudra atteindre le mannequin et le frapper sauvagement avec votre sabre arme. Aussitôt le tireur s’arrêtera.

Illustre Général a même exécuté le geste d’attaque avec une hargne, une vigueur et au art remarqué par toute la troupe. En tête de la troisième rangée, chef d’unité, le jeune Huan a eu l’impression de voir le sabre frapper un ennemi réel.
― Je vous offre la preuve sur le terrain que ce qu’on vous prêche est vrai, explique l’illustre général à sa troupe alignée. Si quelqu’un tombe près de vous, c’est que votre foi est ardente, pas la sienne. Alors, foncez! Foncez! Animant son ordre d’un bras vigoureux lancé devant lui.

Puis le général salua son armée de recrues au cœur battant. Combien d’entre eux allaient rechigner? En pratique, cela fait de longs mois que ses jeunes recrues obéissent jour après jour aux ordres sans discuter. Et si la peur des fusils insistait, l’exécution dont ils furent les témoins les rappellera à l’ordre. C’est Illustre Général qui a planifié et orchestré une fausse exécution fort réaliste. La leçon fut bien reçue, assura-t-il plus tard à de hauts fonctionnaires, sourire aux lèvres.

Il faut croire pour vivre

Huan est enthousiaste. Il sait qu’il va réussir l’épreuve et sauver sa patrie. Les gens de son petit village lui ont fait un baluchon empli de victuailles pour la route quand il a annoncé vouloir s’inscrire. Le recruteur qui avait parlé aux jeunes avait été convainquant. En arrivant il craignit d’être refusé comme ceux qu’il voit rebrousser chemin, déçus, alors que lui attend son tour. Il répondit aux questions avec son cœur et fut accueilli d’un large sourire. Il profitait d’un lit confortable, de beaux vêtements et d’une nourriture généreuse et agréable au goût. Il adorait les exercices et la marche où d’enthousiasme il se plaçait à l’avant. Par contre, l’exercice de concentration le dérouta. Il s’en ouvrit à l’entraîneur qu’il secondait. Ce dernier lui demanda :
― Que dois-tu faire?
― Me concentrer sur un endroit devant moi.
― Un endroit au loin comme celui vers où tu va courir un jour peut-être?
― Oui, répond Huan en qui une lumière naît.
― Alors concentre-toi, conclut son entraîneur en haussant les épaules.

Un exercice de concentration est pareil à tout le reste, découvrit Huan. Il suffit de faire exactement ce qu’on te demande en y mettant tout ton cœur, sans tricher.

Au matin, leur troupe s’assemble à la ligne de départ. À une cinquantaine de mètres ils aperçoivent les soldats de paille, mais pas les tireurs. Certaines recrues doutent, leurs yeux trahissent une inquiétude. L’unité de Huan est placée au centre. Ainsi en ont décidé les vétérans instructeurs, un grand honneur. Éliminer les tireurs au centre soulagerait les deux flancs d’attaque de leur support, a-t-on expliqué aux unités du centre. Les voilà qui s’alignent sur la longueur du front ennemi. Au signal du général, tous se ruent en silence au devant des simulacres. Au loin quelqu’un lance un cri d’avertissement. En réponse les recrues lancent le cri de combat tandis que, de chaque côté, un tireur sort de derrière chaque cible et se met en position pour faire feu. Le souffle des coureurs, les coups de feu, des cris. Huan fixe le soldat anglais devant lui tout en courant de toutes ses forces, projetant de rage ses jambes à l’avant. Rendu à un pas de sa cible, il aperçoit de biais le tireur pointer son arme sur lui. En un éclair il revoit son village, s’élance en criant dans un effort désespéré. Le coup de fusil part, le sabre s’enfonce dans la paille, le tireur abaisse son arme. Huan s’arrête, essoufflé. Il sent son cœur battre. Il sent une peur qu’il ignorait encore vive. Il a réussi. Son unité surgit et le félicite. Le tireur le salue en souriant. Au loin les instructeurs les rappellent. Tout en marchant, ils constatent que certains sont morts, une balle en pleine tête ou au cœur. Les plus lents surtout et deux qui étaient un peu gros. Huan note au passage le corps de la recrue inquiète. Celui qui disait que c’était impossible a aussi été abattu. Les recruteurs peuvent voir la fierté briller dans leurs yeux. Cent vingt quatre soldats sont présents à l’appel. Il faut dire que l’un des deux fusils tirait à blanc. D’ailleurs les fusils meurtriers connaissaient leurs cibles, les instructeurs pointaient dans leur dos. Vingt-trois candidats ont été exécutés avant que les coureurs de tête ne désamorcent les vingt tireurs; quelque uns en priorité puis les plus lents.

C’est cette mise en scène que le général avait en tête lors de la sélection des recrues. Résultat : la confiance des « élus » est maintenant de pierre. Plusieurs ont vu une arme faire feu sur eux à moins de trois mètres. Huan raconta que le tireur l’avait visée en pleine poitrine alors qu’il n’était qu’à deux pas de lui et il n’a rien senti. Ceux qui l’écoutaient furent ébahis. Après un jour de célébration où les candidats sont officiellement reconnus soldats avec un nouvel uniforme, la troupe d’élite reprend ses exercices, autant physiques que purificateurs. Ils s’entraînent maintenant à courir cent mètres. Ils approfondissent leur technique de combat et poursuivent leur méditation matinale. Ils sont encore mieux nourris. L’épreuve finale arrive enfin. Il faudra courir cent mètres, le double de la distance franchie la dernière fois et devant vingt mannequins, donc deux fois plus de tireurs. Quelques autres tombèrent, les plus lents. Les autres assaillants se rirent des fusils. Pour être invulnérable, il faut « être » un projectile; de corps et d’esprit, cent-onze l’ont compris. C’est une question de vie ou de mort.

Le jour J

Un matin dès le réveil ils partirent au pas cadencé. Ils n’emportaient qu’un peu de nourriture et leur arme. Leurs effets, la nourriture et le personnel suivraient pour ne pas les ralentir. Ils firent quatre haltes et arrivèrent à la nuit au bord d’une rive tout près d’un campement anglais. Ils se reposèrent sous la pleine lune et avant même que le soleil se lève se mirent en position. Cette fois l’ordre dans les rangs est inversé, Huan se retrouve en fin de ligne. De toute manière ils courent tous comme des lapins. Dans une aube d’un bleu timide, la troupe se rue silencieusement sur une pente montante qui bientôt se radoucira. Cri d’alarme d’un vigile qui malheureusement ne dort pas. Une centaine de jeunes Chinois se ruent en hurlant vers le campement. L’attaque surprise leur fait gagner du terrain. Quelques tireurs font feu. Huan entend des plaintes, certains devant sont tombés. Huan rugit, les siens répondent et accélèrent. Le capitaine anglais hurle ses ordres. Soudain des cris, la première ligne tombe. Des pieux au sol, il faut regarder le sol. Les tirs augmentent, des coureurs tombent tout autour. Huan pense au village et s’élance, tête levé. Le soldat est tout près, il recharge. De côté un tireur …

Il s’ensuivit un long silence. Les derniers Chinois sont tombés à moins de deux mètres devant eux, constatent les tireurs anglais. Heureusement que la pente et les piquets plantés dans le sol les ont ralentis. Dans la lumière naissante les Anglais contemplent une centaine de cadavres étalés. Observateur attentif, Illustre Général salue les Anglais au loin. Puis s’en retourne, satisfaits. Deux cents auraient suffi. Il faut dire que le truc des pieux est ingénieux. Il pourrait en former des milliers s’il le fallait, mais ce ne sera pas nécessaire. L’illustre général tenait à réduire au minimum la perte de soldats et, si possible, éviter de déclencher une guerre. C’est d’ailleurs ce qu’il expliqua à l’empereur pour lui faire comprendre le sens diplomatique de sa victoire.

Le rapport de l’incident à l’état-major britannique eut l’effet souhaité. Les coureurs semblaient indifférents aux balles, certains sautaient rageusement par-dessus les cadavres, mentionnait-on. Le capitaine anglais avait dû menacer du pistolet certains de ses hommes pour éviter qu’ils fuient ou tirent nerveusement. S’ils avaient été plus nombreux, les Chinois auraient massacré la garnison, conclut-on. Comme anticipé, les Anglais cessèrent leur commerce et entamèrent des négociations dont il résultat un accord. Il stipulait que les Anglais quittaient les côtes chinoises et, en compensation, ils prendraient possession de l’île de Hong-Kong pour un siècle et demi. Illustre Général se rendit personnellement au village de Huan honorer sa mémoire.

— Il fut l’un des plus vaillants et son sacrifice pesa lourd dans la victoire des troupes impériales contre l’envahisseur, confia-t-il à sa famille.

En 1997, la Chine reprit possession de Hong-Kong. Vingt ans plus tard, débuta l’assimilation politique de l’ancienne colonie.

Post mortem

Dans son traité Les cinq roues, le légendaire samouraï Miyamoto Musashi note qu’un guerrier seul n’est rien contre un village en furie.

Combien de vies a coûté le débarquement de Normandie? Qui s’élança en premier? Les Alliés s’assurèrent que leurs troupes soient assez nombreuses pour surpasser la puissance de feu de l’ennemi. Ils engagèrent toutes leurs ressources et leur armée se rua au combat. L’échec n’était plus une option face au déraisonnable.

Il arriva durant quelque bataille que les Russes estimèrent avoir plus de soldats à sacrifier que l’ennemi avait de munition pour les abattre. Et ils gagnèrent cet affrontement.

Que gagnent les morts qui gisent sur le champ de bataille?

 

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