Consomme!, de Juan-Alexandre H.

[…] je dépensais mon argent à tort et à travers pour des objets futiles et je n’avais pas de discussions sérieuses avec les gens de mon entourage. J’avais très envie d’être en couple mais les fois où ça arrivait, ça ne durait que quelques semaines. À chaque rupture, je me trouvais tout de suite quelqu’un d’autre par peur d’être célibataire. Je ne cherchais pas à comprendre la source des problèmes avant de m’engager dans une nouvelle relation, ce qui faisait que ça plantait à chaque fois.

Je ne portais pas vraiment attention à ce qui m’entourait, je ne lisais pas les nouvelles et la politique était le dernier de mes soucis. En revanche, j’avais une fascination pour « planet Hollywood ». Je suivais un tas de célébrités sur des réseaux sociaux. Je passais des heures à lire sur leur vie « fabuleuse » et à regarder des vidéos envahis par des publicités et du placement de produits.

[…]je perdais énormément de temps à suivre la vie des gens qui propagent l’idée de la surconsommation dans notre société. Je me penche davantage sur la politique et les vrais enjeux autour de moi et j’ai commencé à lire « le Devoir », qui est ce qui se rapproche le plus d’un journal selon moi. Maintenant je réfléchis avant de parler et cherche surtout à comprendre le point de vue de la personne avec qui je discute. J’arrive à exprimer mes idées et à reconnaître mes torts. Je prends mon temps avant de faire un achat, ce qui me permet de me rendre compte que j’avais rarement besoin de ce que j’achetais avant.

Aujourd’hui, je comprends les erreurs que j’ai commises dans mes relations par le passé et j’ai réussi à passer à autre chose. J’ai compris que c’est lorsqu’on est célibataire dans sa tête, et non seulement comme statut social, qu’on est prêt à être en couple à nouveau.

 

Télé zombi, de Geoffroy T.

[…] j’ai drastiquement changé ma vision d’un documentaire que j’écoutais fréquemment les fins de semaine nommé « Nos ancêtres les extraterrestres ». Je tiens à mentionner que je ne suis pas du tout un adepte des théories du complot que l’on peut retrouver un peu partout sur Internet, mais puisque ce documentaire était diffusé à la télévision, à un poste qui me semblait relativement sérieux. Je me suis dit que ce documentaire devait avoir une certaine crédibilité. J’ai donc décidé d’écouter le premier de cette série de documentaires et je suis tombé tout de suite dans le panneau. Pour faire court, ce « documentaire » explique que l’histoire qui nous est enseignée à l’école est totalement fausse et essaie de prouver que l’homme a été créé par une race d’extraterrestres qui nous auraient supposément aidé à passer du singe primitif à l’homo sapiens via leur technologie avancée. Ce serait même eux qui auraient fait les plus grands monuments de notre espèce, tels les pyramides d’Égypte ou les statue de l’île de Pâques.

Vous comprendrez que ce documentaire remettait les fondements même de mon existence en perspective jusqu’au jour où, peu de temps après avoir suivi le cours sur les sophismes, j’ai commencé à réfléchir au contenu présenté dans le documentaire. Je me suis rendu compte que tous les « experts » qui nous sont présentés dans cette émission [sont] des expertises inacceptables; physiciens, biologistes, théologiens, archéologues[, …] aucun d’entre eux ne pourrait être reconnu comme expert du domaine puisque le documentaire n’est même pas basé sur un domaine reconnu. Ce ne sont que des gens qui viennent nous faire part de leurs croyances via la télévision en les justifiants à l’aide de leur statut social.

Le plus aberrant avec ce documentaire est que toutes, et je dis bien toutes les « preuves » qui viennent appuyer leur théorie sont basées sur des appels à l’ignorance ou à l’incertitude. En voici un exemple : « Nous ne savons pas exactement comment nos ancêtres primitifs ont réussi à maîtriser le feu, ce sont les extraterrestres qui leur ont montré comment. »

[…] Dégoûte, j’ai tout de suite retiré ce poste de mon forfait télé. (philo 1, télé 0, le prof)

 

Centre d’achats et temps festif, de Karine L.

Les portes du Simons s’ouvrent à moi. Je vois des vêtements, des articles de décoration, des maillots de bain, des chaussures… Tout est teinté de ce que j’appelle la « magie de noël ». Partout, il y a des étoiles, des lumières, des rennes au nez rouge […] J’aperçois une marée de gens, peu ont le sourire aux lèvres! Les seuls souriants sont les vendeurs qui veulent à tout prix que je consomme. Les autres sont concentrés à acheter. Ils sont hypnotisés par tout ce qu’il [est disponible]. Je réalise peu à peu que je ne ressens que du stress. Les gens se bousculent pour passer à la caisse. Tout m’agace. Je ne ressens aucune magie, aucune joie particulière.

Alors que je me retrouve en plein temps festif, je ne ressens que le côté profane et superficiel de noël […] le temps de repos, de vacances, de temps en famille. C’est ce que j’aurais voulu sentir aujourd’hui : une atmosphère relaxante de noël. Mais je suis entourée de stress et de consommation.

[…] Je sais que je vis dans une société de consommation. Je l’ai toujours su parce qu’on me l’a dit, mais aujourd’hui, au milieu du Carrefour Laval, je le réalise. […] un homme tente de me vendre une télévision haute définition 4K. C’est quoi 4K? Sûrement simplement un jargon technologique, un sophisme [fausse autorité : jargon scientifique]. »Par la suite, il tente un appel à la nouveauté : « Je suis certain que ce nouveau téléviseur HD 4K vous plaira, madame. » Je sais maintenant ce qu’il essaie de faire. Alors je m’éloigne, un peu frustrée. Mais pour qui me prend-on?

[…] J’entre dans un magasin pour femmes. Bon, ils vendent [de tout] mais majoritairement des sous-vêtements. Les femmes sur les images sont à moitié nues. Qui ressemble réellement à ça? […] Ces femmes sont retouchées […] dans un seul but encore, nous faire acheter. Dans les salles d’essayage, les miroirs sont teintés, pour paraître plus bronzées. […]

Les images qu’on voit des femmes dans les publicités, dans les magazines et à la télévision sont des appels au monde idéal (appel à la personne idéale). C’est un sophisme et aucune femme ne devrait vouloir ressembler à ces femmes. Elles sont fausses […] c’est la même chose pour les hommes (le gros paquet et les abdominaux). CE n’est pas une jeune femme à moitié nue avec un chapeau de noël, couchée dans des petites étoiles dorées, qui va me faire ressentir la frénésie de noël.

 

Coke ou Pepsi, de Sihem Y.

Je me rappelle qu’à l’âge de 9-10 ans, j’étais dans le clan pepsi. […] J’avais vu [la pub de] Michael Jackson et c’était assez pour me convaincre d’être du côté pepsi. (fausse autorité)

[…] j’ai dit à mon frère que le pepsi était meilleur que le coca-cola. Mon frère n’était pas du tout de mon avis puisque, selon lui, il fallait opter pour coca-cola, puisque cette dernière supportait le domaine du soccer et que nous, les Arabes, on aime ce sport, donc on doit être de l’équipe coca-cola.

Je me souviens encore de l’assurance que mon frère avait lorsqu’il m’expliquait son point de vue. […] mon frère avait fait usage d’un appel aux sentiments et, ne voulant pas me sentir exclue et être une « vraie » Arabe, j’ai délaissé pepsi pour coca-cola. […]

À partir de ce simple exemple, on peut réaliser à quel point nous sommes manipulés par notre entourage et notre société. […] C’est triste à dire, ce cours m’a fait réaliser à quel point je suis influençable alors que je ne le croyais pas.

 

 

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