Se maquiller pour qui?, de Kim R.

Quand je suis entrée au secondaire, je ne m’étais jamais maquillée de ma vie [… Par contre, au secondaire, j’étais une des seules filles qui ne se maquillaient pas. […] dès que la cloche sonnait, des filles sortaient leur mascara et allaient faire des « retouches » dans les toilettes. Je trouvais leur comportement vraiment exagéré, mais plus l’année avançait, [plus] je recevais des commentaires comme : « Tu serais plus belle si tu te maquillais. » [ou] « Mets au moins du mascara, tout le monde en met. » Toutes les filles populaires avaient du maquillage.

[…] finalement, j’ai commencé à en mettre […] à tous les jours. Je ne pouvais pas sortir sans e parce que j’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose et que les autres allaient tout de suite remarquer. Je commençais moi-même à remarquer quand les autres filles n’en portaient pas et je me demandais pourquoi elles ne se maquillaient pas comme tout le monde.

Oui, c’est ironique. À un moment donné, j’ai fini par me « tanner » [mais] j’en ai mis tous les jours jusque au secondaire 3.

Le maquillage des valeurs, de Florence B.

Une de mes meilleures amies […] depuis le secondaire un a toujours été le genre de fille qui se contrefout de son apparence. J’ai toujours admiré sa capacité à ne pas se soucier de l’opinion et du regard des autres. Mais [depuis] queque temps, quand on sort, elle se maquille et se prépare. Elle passe plus de temps devant le miroir à se soucier de son apparence, même pour aller à l’école.

Avant hier, […] je lui ai demandé par simple curiosité pourquoi elle avait commencé à se maquiller […] elle m’a fait réaliser qu’elle recevait beaucoup plus de compliments et d’attention, masculine surtout. Je trouvais complètement fou qu’elle se mette du pétrole sur le visage pour se donner un air santé alors cernée jusqu’aux joues. Je trouvais complètement fou qu’elle [se donne autant de trouble] pour avoir l’air de quelque chose aux yeux des autres et non pour elle-même. Mais bon, je me suis dis que c’était la société dans laquelle nous vivons qui finissait par déteindre sur les plus résistants et qu’on y passait presque toutes, moi incluse.

Un Tarzan qui a de l’argent, de Ramaissa S.

Depuis l’été dernier, mon amie a énormément changé. Auparavant, c’était une fille simple, qui se souçait peu de son apparence physique. Or, depuis qu’elle a [un] travail, elle se transforme peu à peu jusqu’à ce qu’on ne la reconnaisse plus. Elle travaillait en tant que cosméticienne [dans une pharmacie]. Elle n’aavait pas le choix de se maquiller d’avantage, de mieux s’habiller, de se faire les ongles, etc.

Ses habitudes de travail sont vite [devenues] ses habitudes du quotidien. Elle a complètement changé sa façon d’être, de s’habiller et de se comporter pour plaire aux gens et surtout aux garçons. Lorsqu’on sortait entre filles, elle voulait toujours paraître […] la meilleure. Elle voulait que les garçons la voient tel un diamant parmi les cailloux.

Elle a même annulé sa session afin de consacrer plus de temps au travail. Or [avec] plus d’argent, elle pouvait facilement se procurer des vêtements de marques. Elle s’est mise à sélectionner les garçons qui venaient l’aborder selon la voiture qu’ils possédaient. Finalement, elle a complètement changé ses fréquentations en s’associant à des filles qui pensent comme elle.

 

Comments are closed.