Le bon chemin, de Nathan G.

[…] ce dont j’étais sûr, c’était que ce serait ennuyant […] puisque tout le monde affirme que la philosophie au collégial, c’est endormant. […] Je ne me doutais pas qu’il s’agissait d’une généralisation hâtive, puisque je n’avais parcouru que très vaguement les sophismes au 

secondaire. Les profs nous lançaient des : « vous verrez les sophismes au cégep » ou « ce n’est pas un cours de philosophie ici! »

Pourtant, il aurait été tellement utile d’apprendre les sophismes et leurs effets néfastes sur nous dès le secondaire, voire même au primaire, de sorte que […] ma vie aurait été drastiquement changée et bien différente de celle que j’ai maintenant. Je ne serais même pas en train de vous écrire, puisque je serais dans une école différente, dans un programme différent. […] les sophismes m’ont fait comprendre qu’il n’y a pas nécessairement de «bons» et de « mauvais » chemins, (sophisme du faux dilemme, le prof) il y a seulement le nôtre.

[…] je n’aime pas mon programme et je n’ai jamais aimé les sciences. J’ai seulement pris le programme extra-science à un cégep extra-science pour me convaincre que les sciences, c’était fait pour moi et que c’était la seule place où je pourrais être heureux. Lorsque j’ai annoncé mon désir de possible changement de programme à ma famille, mes parents se sont tout de suite lancés sur une série d’événements potentiels et catastrophiques aussi épeurant les uns que les autres […], alors qu’il ne s’agissait là que d’une gigantesque pente fatale et qu’aucune de ces catastrophes ne se produirait réellement. Pour mes parents, changer de plus dur à plus facile est considéré comme un signe de faiblesse. Ils m’ont ensuite assuré qu’ils accepteraient mes choix.

[…] il n’y a rien de mal à être dans n’importe quel cégep, dans n’importe quel programme.

[…] Ma mère est infirmière-chef […], mon père analyste […] et ma sœur entreprend sa première année en médecine […] je me sentais obligé de suivre la tradition et ce, même si je ne me sentais pas à ma place […] un sophisme, l’appel à la tradition (et un effet Asch en famille, le prof), qui affirme que ce n’est pas parce que tous les autres avant moi vont dans une même direction que je ne peux pas prendre la mienne.

Décision cruciale, de Salomé D.

En secondaire 4, nous avions un gros choix à faire. Selon le personnel de l’école, ce choix était crucial pour notre future. Il fallait choisir entre médias, communication et histoire ou chimie et physique.

Mon père voulait que je prenne chimie/physique. [Il] a fait de longues études et […] considère chimie/physique comme de « vraies études » […] Je savais que que je ne voulais pas devenir médecin ou pharmacienne, donc que les sciences n’allaient pas m’amener très loin. Ce que je veux faire relève plutôt des sciences humaines. Je veux être avocate, travailleuse sociale ou enseignante. Je savais que si je prenais le volet histoire, mon père allait être déçu de moi. Je ne le ferais donc pas pour moi.

Mes parents ont extrêmement bien réussi dans la vie et je veux [faire] comme eux. D’autant plus que tout mon entourage a eu du succès dans sa carrière professionnelle. J’avais peur qu’en prenant l’histoire, médias et communication, je n’allais pas avoir autant de succès qu’eux. Finalement, après de longues réflexions, j’ai choisi histoire, médias et communication. J’ai fait ce choix pour moi.

Tout le monde dit que cette décision est importante dans notre vie. […] rien n’est irréversible. Si un jour je décide que je veux aller en médecine, je peux toujours refaire les cours. Aujourd’hui, je suis plus que contente de mon choix.

 

Noyer le dilemme, de Omar M.

Je faisais de la natation compétitive de niveau provincial au secondaire. Compétition après compétition, je remportais des médailles d’or et le coach m’avait dit que j’avais une chance pour les nationaux. C’est mon père qui m’avait inscrit en natation d« es mon jeune âge et souhaitait que j’aille loin dans ce sport, mais arrivé au secondaire […] je pensais beaucoup plus au basket-ball. […] L’inconvénient est que si j’abandonnais la natation […] aurait probablement été très déçu et juste d’y penser me perturbait. Alors j’ai pris la décision de rester en natation et de ne jamais en parler à mon père.

 

 

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