Hiver — été 2014

 

À l’automne, j’ai lu quelques romans, dont Dome, de Stephen King. Je fus fasciné que l’on débute en plein milieu de l’action, les personnages se suivant sans introduction, et que ce soit tout à fait lisible. Ce n’est que deux cents pages plus loin que je remarque le ** après le titre : j’ai débuté au tome deux. Une plume remarquable. J’ai sauvé plus de quatre cents pages !

Fin février, je débute la réécriture du roman. Quelques phrases à corriger, quelques-unes à éliminer (souvent « non roman »). J’ai simplifié et corrigé la structure des flashbacks. J’utilise  «  pour reculer et » pour avancer. Je saute une ligne pour changer de point de vue de personnage dans une même scène.

Mes personnages sont restés en moi. Je n’ai presque rien oublié et dès que je relis, les détails me reviennent en mémoire, quatre années plus tard. Mais les personnages sont maintenant étrangers à moi, d’où une facilité à écrire l’action romanesque. Il ne suffit pas d’accoucher et de développer un personnage. Tout comme pour nos enfants, ils doivent devenir indépendants et autonomes. Une pause de quatre années m’a (enfin) fait comprendre ce détachement nécessaire afin de regarder mes personnages comme les gens que je côtoie.

 

Mars 2014. J’ai relu les deux premiers chapitres à l’écran, replaçant les indicateurs de temps et éliminant des « phrases notes ». À la fin du second chapitre, j’ai imprimé quelques pages devaient être retravaillées. Heureuse initiative, car je découvre qu’une fois bien formaté, le texte comprimé se révèle incorrect. Il me suffit de lire un roman. Tout ce qui n’est pas phrases de roman doit être supprimé ou réécrit. C’était simple au fond. Ça m’a rappelé un commentaire d’Andrée : « Tu écris ton roman comme un journal. » J’ai aussi mis des diagrammes de positions avec légendes pour expliquer le jeu. « Je veux tout comprendre », m’avait écrit Andrée. (Mais dans le cas de l’introspection d’Itchkoff, ce ne sera pas possible à moins d’être astrologue. Le flux de conscience n’est pas pédagogique.)

Début avril, tout en corrigeant au café Les deux Marie, mon nouveau « bureau », je me rends compte que je jette les pages corrigées plutôt que de les conserver comme les couches précédentes. En arrivant chez moi, j’ai jeté tout ce que j’avais accumulé, 50 centimètres de manuscrit rayé.

 

Vingt avril. Les deux premiers chapitres sont terminés. Jean va les mettre en format d’impression et je vais mettre le PDF en ligne. (Ma relation avec Jean s’est détériorée durant l’été. Pas de PDF en ligne avant fin août, 12-08)

 

J’ai terminé le tome 1 fin juin. Le deuxième débute lentement, car je joue au championnat canadien ouvert, section moins de 2000, question de me mettre en forme. Je termine avec 7/9 dont 0,5/2 dans les deux dernières rondes à cause d’une diarrhée. J’ai compétitionné dans l’état d’esprit de mes joueurs,

 

Les chapitres 5 et 6 seront terminés pour le retour au collège à 2/3 de temps à l’automne pour 3 ans. Étrange retour des choses, les Deux Marie ferment brusquement début août et je me retrouve à La brûlerie, là où j’ai écrit les dernières pages avant la pause de 4 ans en août 2009 !

 

14 novembre. Je viens de terminer le neuvième chapitre entre mes cours, les corrections et mes parties par correspondance. Une lecture à l’écran puis une imprimée. Je dois parcourir ces 600 pages le doigt sur la souris pour répertorier les diagrammes d’ouverture que j’ai décidé d’ajouter à titre éducatif et les cartes du ciel. Je note aussi toutes les personnes réelles que j’ai incluses dans le roman. Je joue aux échecs par correspondance. Trois heures d’analyse par jour, avec base de parties classées par ouvertures et une vingtaine de livres spécialisés.

Encore un clin d’œil. Je cherchais dans quelle pièce de Shakespeare le roi voit les arbres s’avancer vers la forteresse. Citer le passage en commentaire de Cappello, mais je n’ai pas trouvé. Jeudi le 13, je prends un petit roman qui traîne parmi d’autres dans une bibliothèque placée à l’entrée du département où les gens peuvent apporter ou prendre des livres : Petites infamies de Carmen Posadas. Un passage de Macbeth ouvre la première partie du roman : le passage que je cherchais !

 

Janvier 2015. La première partie s’en va en ligne, format PDF. La deuxième partie est en train de se monter. Il ne me reste qu’à trouver un éditeur français (et un traducteur russe). [Toujours à faire, 6 sept. 17.]