C’était il y a quelques années déjà.

Je donne mon cours tout en marchant de long en large devant la première rangée de pupitre. J’aime être près de mes ouailles. Je remarque qu’un drôle de petit bonhomme s’occupe à dessiner tout en intégrant des notes dans son dessin. Un imaginaire particulier. Il s’appelle Félix.

J’ai depuis quelques années l’ambition de produire une nouvelle en bandes dessinées. Ça fait partie de mon obsession à réaliser un projet dans divers domaines. J’ai écrit la première ébauche de la nouvelle en 1976. Huit pages, comme j’étais fier. D’une relecture à l’autre, c’est devenu une quarantaine de pages que je propose à Félix, enthousiasme.

Me voilà à découper l’histoire en sections, en pages, en textes qui sont fort différents car l’image parle d’elle-même. Félix me remet les premières pages et c’est partie. Plus ça avance t plus nous sommes enthousiasme. Nous apprenons à travailler de concert à démêler des courriels où nous nous emmêlons dans des numéros de dessins, de pages et de versions. En juillet, j’annonce à Félix que j’ai des copies du premier tome de brochées pour les distribuer et recueillir les commentaires des lecteurs. Le second tome est déjà passablement avancé.

Étrange cette collaboration entre deux à peine connus, moi qui a atteint la soixantaine et approche la retraite, et un jeune dans la vingtaine qui a emménagé avec sa blonde et se recycle en orthopédiste. Chacun a accepté la créativité de l’autre, nous faisant des suggestions. Un respect essentiel à la création en collaboration.

Michel Germain
Montréal, 20 août 2013.

 

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